Plusieurs personnes auraient été tuées par les forces de l'ordre qui ont réprimé lundi une manifestation organisée à Conakry pour réclamer des élections libres et le retour au pouvoir - aux mains des militaires depuis plus de 25 ans - aux civils. "Nous ignorons le nombre exact des victimes mais plusieurs témoins nous ont raconté avoir vu des corps abattus par les projectiles et les baïonnettes. Le bilan que nous avons établi jusqu'à maintenant, dans l'attente d'autres confirmations, s'élèverait à 14 morts", déclare à la MISNA Thierno Sow, président de l'Organisation guinéenne des Droits de l'Homme (Ogdh), alors que des sources de presse internationales évoquent des "dizaines de cadavres" emmenés à la morgue de l'hôpital de Donka. "Nous condamnons cette cruelle répression contre des personnes innocentes qui ne faisaient que revendiquer le respect de l'État de droit", ajoute M Sow dans un entretien téléphonique interrompu à plusieurs reprises par le fracas assourdissant du passage d'avions de chasse des forces armées. Les manifestants - qui s'élèvent à des dizaines de milliers, selon maintes sources -, qui avaient défilé lundi matin dans les rues de la capitale pour rejoindre le stade, sont rentrés chez eux, où ils redoutent maintenant les perquisitions et contrôles des militaires. "Les soldats profitent de la situation pour détrousser les gens, dans la rue et dans les habitations", précise M Sow, évoquant une pratique "malheureusement courante" depuis longtemps dans le pays. Selon la source de la MISNA, nombre des organisateurs de la manifestation auraient été arrêtés et battus et seraient détenus au camp Alpha Yaya, principal camp militaire de la ville. (CC/CN) [CO]
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