Les travaux d’aujourd’hui ont débuté avec l’intervention du secrétaire général du Conseil d’Europe, Terry Davis, qui a pris la parole dans le cadre de la Conférence contre le racisme et la discrimination (Durban II), en cours depuis lundi au siège des Nations Unies de Genève. Après l’adoption, anticipée à hier soir, du document final mis au point ces derniers mois par des centaines de délégations qui participent aux travaux de la Conférence, la rencontre continue aujourd’hui avec le programme régulier prévoyant une cinquantaine d’interventions de la part des représentants des délégations. Le débat général a été inauguré par les ministres des Affaires étrangères de nombreux pays du Sud du monde, de la Mauritanie (où la question de la discrimination concerne une partie de la population noire du pays) au Swaziland, de Panama à Haïti, en passant par les Philippines et le Nicaragua. Quelques organismes supranationaux (comme l’Union africaine, la Ligue arabe et des représentants de l’Onu) interviendront aujourd’hui sur le racisme et les discriminations. En marge du débat politique, l’agenda prévoit une série de rencontres et d’activités culturelles, dont la table-ronde intitulée “partager des expériences fructueuses pour contraster le racisme” et le débat sur “la liberté d’expression et l'incitation à la haine raciale et religieuse”. Le rendez-vous quotidien Voices est également prévu, à savoir une place virtuelle organisée à l’intérieur du palais de l’Onu à Genève, où quelques victimes du racisme et de la discrimination racontent leurs expériences. Après les albinos d’Afrique orientale, les gitans européens, les femmes, entre aujourd’hui et demain ce sont les migrants qui prendront la parole, les porteurs de handicaps et les malades du sida, en accordant une certaine visibilité à ces groupes que le document final approuvé hier identifie comme les principales victimes de la discrimination à notre époque. Entre temps, tandis que les polémiques de ces derniers jours s’apaisent, de nombreuses associations internationales de défense des droits de l’homme, à commencer par la Fédération internationale des ligues des droits de l’homme (Fidh) et Human rights watch, ont invité les 10 pays qui ont boycotté la conférence (dont les États-Unis, le Canada, la Hollande, l’Australie, l’Italie et Israël) à signer dans tous les cas le document approuvé, qualifié par d’aucuns comme “le meilleur cadre possible au niveau international pour institutionnaliser la lutte contre le racisme et la discrimination sous toutes ses formes”. “Le document, approuvé à l’unanimité des participants, est la meilleure réponse à tous ceux qui ont voulu diaboliser cette conférence, un consensus international pour dénoncer le racisme sous toutes ses formes et appeler à la mise en oeuvre de règles internationales, sans stigmatiser un état plus qu’un autre", lit-on dans une note de la Fidh. [MZ] [VV]
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